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Etude comparative sur le mouvement coopératif dans le secteur cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana

Etude comparative sur le mouvement coopératif dans le secteur cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana

Cette étude s'inscrit dans un contexte de transformations majeures, tant au niveau local qu'international, dans le domaine du cacao. En termes de production, la Côte d'Ivoire et le Ghana, les plus grands producteurs de cacao au monde, ont un parcours historique semblable en ce qui concerne la culture du cacao, en grande partie fondée sur les migrations et la déforestation. Cependant, au plan de la commercialisation, même si les deux filières partagent aussi la mise en place d’un « board » régulant les prix au producteur et plusieurs autres aspects dans les secteurs nationaux, elles montrent des différences significatives. En Côte d’Ivoire, l’achat de cacao aux planteurs est resté relativement libre, ouvert à des traitants et pisteurs (Gbédé, 2018). En même temps, les politiques publiques ont très tôt promu le statut de GVC (Groupement à vocation coopératif). Même si ces GVC ont globalement échoué, ils ont contribué à l’idée et l’expérience de la commercialisation en groupe. En revanche, au Ghana, le COCOBOD a longtemps contrôlé l’achat de cacao aux planteurs, en gardant le total monopole. Le Ghana a libéralisé la commercialisation interne après la mise en œuvre des programmes d'ajustement structurel (SAP) et introduit l’achat à travers les Licensed Buying Companies (LBCs).

Ainsi, en Côte d'Ivoire, de 20 à près 50% des producteurs de cacao sont affiliés aux coopératives, reflétant ainsi un secteur coopératif assez bien établi, soutenu par des politiques publiques favorables, un cadre réglementaire bien structuré, et une participation croissante aux processus de certification tels que Fairtrade, Rainforest Alliance, Organic (Bymolt et al., 2018 ; Moluh Njoya et al., 2025). En revanche, au Ghana, environ 40 % des producteurs appartiennent à des coopératives (Anang, 2024). Bien que celles-ci existent, elles jouent un rôle moins important comparé à d'autres formes d'organisation comme les sociétés d'achat agréées.

Ainsi, le rôle des coopératives dans ce segment porte un potentiel important, vu leurs positions très proches des producteurs et leurs potentiels à rendre des services à leurs membres. Il est donc particulièrement opportun de comparer les modalités de la gouvernance interne, les défis principaux pour la conduite des services clés et les besoins de soutien des coopératives dans les deux pays.

Un des facteurs principaux sur le point d’affecter les chaînes de valeur agricoles sont les règlements de l'Union Européenne sur la déforestation importée (EUDR) et de l’ARS1000. Dans ce contexte, les coopératives jouent un rôle clé dans l'organisation des producteurs, l'accès au marché, la traçabilité et la durabilité. Cependant, les deux pays présentent des approches institutionnelles, réglementaires et historiques différentes en matière de mouvement coopératif. Avec moins de 40% des producteurs en coopératif au ghana et plus de 50% pour la Côte d’ivoire. La différence d’histoire et d’importance du mouvement coopératif va-t-elle avoir un impact sur l’application de l’EUDR ?

Le EUDR impose une traçabilité renforcée des produits comme le cacao, le café, le soja, etc., jusqu'au champ d'origine. Il met une grande pression sur les petits agriculteurs, qui doivent répondre à des contraintes techniques et logistiques pour continuer à vendre sur les marchés européens. Les coopératives deviennent ainsi des acteurs clés pour assurer la conformité collective, alors qu’elles sont encore souvent dans un « clair-obscur » sur les questions de traçabilité des fèves. La différence d’histoire et d’importance du mouvement coopératif va-t-elle avoir un impact sur l’application de l’EUDR ?

Cette étude vise donc à analyser le mouvement coopératif dans le secteur cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana.

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